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Les Haïtiens fuient les Gonaïves avant l'arrivée de l'ouragan Ike

La Presse canadienne
6 septembre 2008

GONAIVES, Haïti — Des centaines de personnes ont fui cette cité sur pilotis samedi pour des terres plus en hauteur, alors que l'ouragan Ike menaçait Haïti de fortes pluies risquant d'aggraver les dommages causés par la précédente tempête.

De la nourriture a été distribuée aux habitants affamés, notamment aux détenus faméliques de la prison locale.

Alors qu'une alerte à la tempête tropicale avait été décrétée samedi aux Gonaïves et ailleurs dans l'île, les habitants escaladaient les toits des voitures pour atteindre le deuxième étage de leur maison, où ils ont entassé les meubles et des toiles étalées pour donner de l'ombre, a indiqué Holly Inurreta, du Secours catholique.

"Nous sommes très inquiets à propos de Ike" a-t-elle déclaré. "Encore un peu de pluie et les Gonaïves seront coupées (de la terre) à nouveau".

Le commissaire de police Ernst Dorfeuille a précisé samedi à Associated Press que les compte rendus qui annoncent 495 mots après la tempête Hanna sont complètement erronés. Il a pu recenser 32 morts dans sa ville, sur la côte ouest d'Haïti après la tempête de lundi.

On attendait Ike, un ouragan de force 4, samedi soir ou dimanche, au nord de Haïti.

Wesleu Sijuen, père de jumeaux et d'un bébé de 3 ans, lui-même âgé de 28 ans, pataugeait dans la boue pour rejoindre un couvent sur une colline voisine. Son beau-frère Jean Emmanuel, 28 ans également, soulignait que de nombreux Haïtiens ont fui les Gonaïves. "Chacun essaie de sauver sa peau" a-t-il noté".

Une femme aux cheveux gris partait à moto, emportant un seau de couverts argentés, des verres et d'autres accessoires de cuisine sur sa tête.

Dans la ville, les forces de paix des Nations unies et les travailleurs humanitaires ont distribué des biscuits énergétiques et de l'eau aux habitants. Beaucoup n'avaient pas mangé depuis lundi. Quelques 40.000 personnes avaient trouvé refuge dans des abris d'urgence.

"Ce que j'ai vu dans cette ville aujourd'hui, c'est proche de l'enfer sur la terre" a estimé l'envoyé des Nations unies, Hedi Annabi, qui effectuait une tournée dans la région samedi. Des dizaines d'enfants levaient les bras en courant après les camions de vivres de l'ONU en criant "J'ai faim. J'ai faim".

L'eau a baissé de trois mètres à la hauteur des genoux dans de nombreux endroits.

La nourriture était aussi destinée aux prisonniers affamés de la prison, aux yeux creux et aux côtes lâches. "Nous n'avons pas mangé depuis la tempête (de lundi)" a affirmé Sylvin Renold, 32 ans, arrêté pour vol.

Marie-Alta Jean Baptiste, directrice de la protection civile,

a indiqué que trois corps supplémentaires avaient été découverts, ce qui porte à 166 le bilan des morts provoqués par la tempête Hanna en Haïti. Environ 119 décès ont été constatés dans les alentours des Gonaïves.

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